vendredi 20 mai 2011

La peste.


"On dira sans doute que cela n'est pas particulier à notre ville et qu'en somme tous nos contemporains sont ainsi. Sans doute, rien n'est plus naturel, aujourd'hui, que de voir des gens travailler du matin au soir et choisir ensuite de perdre aux cartes, au café, et en bavardages, le temps qui leur reste pour vivre. Mais il est des villes et des pays où les gens ont, de temps en temps, le soupçon d'autre chose. En général, cela ne change pas leur vie. Seulement, il y a eu le soupçon et c'est toujours cela de gagné. Oran, au contraire, est apparemment une ville sans soupçons, c'est-à-dire une ville tout à fait moderne. Il n'est pas nécessaire, en conséquence, de préciser la façon dont on s'aime chez nous. Les hommes et les femmes, ou bien se dévorent rapidement dans ce qu'on appelle l'acte d'amour, ou bien s'engagent dans une longue habitude à deux. Entre ces extrêmes, il n'y a pas souvent de milieu. Cela non plus n'est pas original. A Oran comme ailleurs, faute de temps et de réflexion, on est bien obligé de s'aimer sans le savoir.

Ce qui est plus original dans notre ville est la difficulté qu'on peut y trouver à mourir. Difficulté, d'ailleurs, n'est pas le bon mot et il serait plus juste de parler d'inconfort. Ce n'est jamais agréable d'être malade, mais il y a des villes et des pays qui vous soutiennent dans la maladie, où l'on peut, en quelque sorte, se laisser aller. Un malade a besoin de douceur, il aime à s'appuyer sur quelque chose, c'est bien naturel. Mais à Oran, les excès du climat, l'importance des affaires qu'on y traite, l'insignifiance du décor, la rapidité du crépuscule et la qualité des plaisirs, tout demande la bonne santé. Un malade s'y trouve bien seul. Qu'on pense alors à celui qui va mourir, pris au piège derrière des centaines de murs crépitants de chaleur, pendant qu'à la même minute, toute une population, au téléphone ou dans les cafés, parle de traites, de connaissements et d'escompte. On comprendra ce qu'il peut y avoir d'inconfortable dans la mort, même moderne, lorsqu'elle survient ainsi dans un lieu sec.

Ces quelques indications donnent peut-être une idée suffisante de notre cité. Au demeurant, on ne doit rien exagérer. Ce qu'il fallait souligner, c'est l'aspect banal de la ville et de la vie. Mais on passe ses journées sans difficultés aussitôt qu'on a des habitudes. Du moment que notre ville favorise justement les habitudes, on peut dire que tout est pour le mieux. Sous cet angle, sans doute, la vie n'est pas très passionnante. Du moins, on ne connaît pas chez nous le désordre. Et notre population franche, sympathique et active, a toujours provoqué chez le voyageur une estime raisonnable. Cette cité sans pittoresque, sans végétation et sans âme finit par sembler reposante, on s'y endort enfin. Mais il est juste d'ajouter qu'elle s'est greffée sur un paysage sans égal, au milieu d'un plateau nu, entouré de collines lumineuses, devant une baie au dessin parfait. On peut seulement regretter qu'elle se soit construite en tournant le dos à cette baie et que, partant, il soit impossible d'apercevoir la mer qu'il faut toujours aller chercher."


A. Camus

lundi 2 mai 2011

Quelle est ton adresse? Biz @+


"Quelle est ton adresse? Où vis tu?".
L'arrivée incongrue de cette enveloppe tristement blanche, vidée de sens, me laissait l'image d'une journée tristement habituelle. Une écriture fine et raffinée, de couleur noire, y posait mes coordonnées. "C'est lui". L'écrit de ce F majuscule si délicat parmi des milliers d'autres. Les courbes aussi rondes et sensuelles que les hanches féminines, une coupure de ligne aussi sèche qu'un coup de cravache et un arrêt de lettre plus propre qu'une assiette trempée dans de la javel bouillante. L'ancien temps, le droit, le lisse, le propre. Hautement distinguées que sont les lettres manuscrites de l'homme de l'enveloppe. Un petit bout de papier jaunâtre, manuscrit et illustré, était coincé entre les coins de sa chair. Adressé à mon nom, ce petit bout me laissz perplexe. Imagé d'une photographie de côte d'Azur, région que j'ai hais. Pourquoi? Pas de mots, pas d'explications. Une somme complète les demandes informatisées par systèmes bancaires : "de:" "à :" "fait à :" "le :". Signé et posté. Alors munie d'une loupe et de désespoir, je cherchais un mot, une lettre, une suite à cette magistrale écriture. J'étais à l'affût du moindre cheveu, trace de ta peau ou de ton odeur. Je voulais juste une preuve, un signe. Du temps. De l'amour. Du manque.
Je regarde à nouveau la date : Avril. J'oubliais encore une fois que les chrétiens fêtent Pâques au travers de cadeaux matériels et numéraires.

Je me suis encore perdue.

vendredi 29 avril 2011

S'en aller.


S'en aller juste pour dire tu vois je l'ai fais. S'en aller pour toujours à jamais. Pour vivre seule ou mieux accompagné. S'en aller sans l'avoir décidé. Pour la couleur ou pour les idées. S'en aller seulement pour s'en aller. Pour ,voir ,voir s'y là bas ,s'y j'y suis. Pour voir Venise mourir sous la pluie. Pour éviter de répondre aux questions. S'en aller parce qu'on ta dit baby c'est non ,c'est non ,c'est non ,c'est non.
Moi je veux m'en aller pour voir,s'il n'est pas trop tard. Pour entendre attends moi.
S'en aller ,c'est aussi ,quelques fois revenir. Quand on a vu qu'ailleurs c'était pire. S'en aller point de retour. Sans retrouvailles point d'amour. Sans allée ,sans issue de secourt. S'en aller à jamais pour toujours. Pour , voir ,voir là bas ,si j'y suis. Pour voir Venise mourir sous la pluie. Pour éviter de répondre aux questions. S'en aller parce qu'on ta dit baby c'est non ,c'est non ,c'est non non non non.
Moi je veux m'en aller pour voir. S'il n'est pas trop tard. Pour entendre attends moi. M'en aller pour croire. Qu'il n'est pas trop tard. Pour entendre attends moi.
Attends moi. Attends moi.


Je suis rarement fan de ce type de nouvelle chanson francaise niaise mais j'ai craqué pour tes paroles et ta belle gueule : Jerome Van Den Hole - S'en aller

samedi 9 avril 2011

Tairo.

Je suis désolé pour nous bébé
Mais ce que tu disais était vrai.
Je t'ai jamais vraiment écouté
Et maintenant tu me vois pleurer.
Je ne voulais pas m'éloigner de toi
Mais je ne pouvais plus rester là.
Je ne voulais pas m'éloigner de toi
Mais bébé fallait que je te dise ...

Je Taille... taille
Pour aérer mon esprit
Et découvrir de nouvelles vibes...des vibes
Que je n'ai pas connu ici
Je ne veux pas finir en cage...cage, conditionné et soumis.
Je préfère vivre en marge plutôt que de vivre en surci.


J'en ai marre de ceux qui me disent ce que je devrais faire ,
et puis comment je devrais le faire et puis pourquoi je devrais le faire.
Ras le bol de ceux qui ne rêvent que d'une vie de millionnaire, de finir leurs vies pépère et de squatter leurs petites carrières.
Y en marre de ceux qui brisent les rêves de leurs frères, les longs créateurs et les couilles de toute la terre.
Y en a marre de ceux qui crient et qui ne sont concernés que quand on touche à leurs toutes petites affaires.

Et on ne me fera pas croire qu'il y a que cette vérité,
que c'est cette réalité,
que c'est une fatalité.
Ici trop de futilité,
Mais je ne vois pas l'utilité
De vivre dans une société
qui ne permettrai pas aux êtres de s'en émanciper.
Elle parle bien d'égalité
Beaucoup de fraternité
Mais se donne surtout la liberté d'être abandonner.
Peu de subtilité
Encore moins d'humanité
Mais ça se prétend civilisé.

Comme je suis pas tellement fan du système d'ici
j'ai bien envie d'aller voir ce que peut me proposer la vie.
Même si la France c'est pas l'enfer
Même si y a pas de paradis
J'aimerais vraiment que mon cœur juge ce qui est meilleur pour lui.
Les grosses voitures, les beaux bijoux c'est pas mes dièses dièses dièses.
Je laisse ça aux autres, je garde mes rêves rêves rêves.
Je veux apprendre du monde jusqu'à ce que je crève crève crève.
et d'ailleurs c'est pour ça que chaque matins je me lève.