"Quelle est ton adresse? Où vis tu?".
L'arrivée incongrue de cette enveloppe tristement blanche, vidée de sens, me laissait l'image d'une journée tristement habituelle. Une écriture fine et raffinée, de couleur noire, y posait mes coordonnées. "C'est lui". L'écrit de ce F majuscule si délicat parmi des milliers d'autres. Les courbes aussi rondes et sensuelles que les hanches féminines, une coupure de ligne aussi sèche qu'un coup de cravache et un arrêt de lettre plus propre qu'une assiette trempée dans de la javel bouillante. L'ancien temps, le droit, le lisse, le propre. Hautement distinguées que sont les lettres manuscrites de l'homme de l'enveloppe. Un petit bout de papier jaunâtre, manuscrit et illustré, était coincé entre les coins de sa chair. Adressé à mon nom, ce petit bout me laissz perplexe. Imagé d'une photographie de côte d'Azur, région que j'ai hais. Pourquoi? Pas de mots, pas d'explications. Une somme complète les demandes informatisées par systèmes bancaires : "de:" "à :" "fait à :" "le :". Signé et posté. Alors munie d'une loupe et de désespoir, je cherchais un mot, une lettre, une suite à cette magistrale écriture. J'étais à l'affût du moindre cheveu, trace de ta peau ou de ton odeur. Je voulais juste une preuve, un signe. Du temps. De l'amour. Du manque.
Je regarde à nouveau la date : Avril. J'oubliais encore une fois que les chrétiens fêtent Pâques au travers de cadeaux matériels et numéraires.
Je me suis encore perdue.
